L’ingénieur au service de la sylviculture

La forêt est un milieu naturel complexe, dont la société a de tout temps profité des bienfaits et des ressources. Au gré des progrès technologiques, de la croissance démographique et de l’évolution des structures sociales et politiques, le rôle de la forêt a constamment évolué, sans que son importance n’ai jamais diminué.

Aujourd’hui en Suisse on lui reconnaît quelques prestations spécifiques:

  • production de bois comme ressource primaire (construction et énergie)
  • protection contre les dangers naturels (avalanches, chutes de pierres en particulier)
  • biodiversité et paysage (valeur naturelle en soi, mais également pour la population, le tourisme)
  • sociales (lieu de détente, d’activités sportives en autre)

La planification sylvicole est l’art de mettre en perspective ces différentes prestations dans une vision à moyen et long terme, et pour le forestier le long terme est vraiment long, si l’on sait qu’un arbre est prêt à être récolté après 80 ans au mieux, mais que sa durée de vie s’étend facilement au delà de 300 ans.

Chacune de ces prestations ne peut pas forcément être remplie simultanément sur l’ensemble de la surface forestière. Si pendant longtemps l’exploitation forestière durable a produit dans son sillage de nombreuses prestations tierces (stabilité et biodiversité par exemple), aujourd’hui les demandes envers la forêt deviennent parfois très contraignantes envers le propriétaire et l’exploitant, généralement sans contrepartie.

La durabilité de l’exploitation forestière est historiquement le premier objectif d’une planification sylvicole. Il s’agit de ne pas exploité plus que ce que la forêt produit, ou pour une version plus économiste de n’exploiter que la rente du capital. Pour la ressource bois, il s’agit par exemple de 5 à 10 m3 par hectare et par an. Ce principe peut être étendu à l’ensemble des prestations.

Prestations écosystémiques des forêts – PNR 73

L’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) a évalué, dans cadre du projet de recherche national PNR 73, plusieurs prestations écosystémiques à l’aide de divers indicateurs, sur la base de ses deux modélisations de l’accroissement des forêts dans différents scénarios sylviculturaux et climatiques.

À lire

Les écosystèmes forestiers fournissent par exemple des prestations d’assurance naturelles en protégeant contre les risques naturels.

À lire

Météo des forêts en France

Météo France vient d’annoncer la mise en ligne d’une météo des forêts à partir du 1er juin, avec une carte quotidienne d’évaluation du risque.
Á lire

Digue de Plans-Mayens

Les travaux de rehaussement de la digue de Plans-Mayens ont démarré en début d’année 2023. Ce projet permet de doubler la capacité de stockage du Lac de Chermignon afin d’assurer l’approvisionnement en eau potable et d’irrigation sur le long terme dans une région où, en plus des 10’000 résidents permanents, s’ajoutent 50´000 personnes en haute saison. Le maître d’ouvrage est la commune de Crans-Montana, bien que l’ouvrage se situe sur le territoire communal de Lens.

Notre bureau s’est occupé des demandes d’autorisations pour les défrichements, des mesures de compensations et des mesures d’intégration paysagère. Le site est particulièrement sensible sur ce point. Le maître d’ouvrage nous a demandé de réaliser un photomontage, qui figure actuellement sur les panneaux d’information situé sur le site.

L’intégration paysagère prévoit de restituer l’aire forestière sur un remblais supplémentaire permettant aux racines de se déployer sans menacer le corps de digue.

Les coupes de bois réalisées par le triage forestier Zorèyè laissent actuellement la place aux entreprises de terrassement pour la suite des travaux.

Nous contacter

ETUFOR SA
Etudes forestières et dangers naturels
Route d’Italie 152
1958 Uvrier
+41 27 203 93 07
email


Thierry Darbellay
Ing. forestier dipl. EPFZ
Master en sciences naturelles (MSc ETH)
email
+41 79 236 24 07
Céline Luescher
Céline Luescher
Master in Life Science (Msc HAFL)
email
+41 78 620 10 50

Stockage de carbone et lombrics

Le carbone stocké dans les matières organiques mortes est libéré et stocké dans le sol grâce au travail de décomposition des organismes du sol. Cette action naturelle permet de lutter contre les changements climatiques en réduisant la quantité de carbone de l’atmosphère.

Diplopode, WSL

Une étude du WSL (Institut de recherches sur la forêt, la neige et le paysage) débutée en 2003 a démontré en début d’année 2022 que la sécheresse en forêt (Bois de Finges, VS) entraîne la léthargie des décomposeurs comme les lombrics et les cloportes, empêchant ainsi le stockage du carbone dans le sol. La conclusion de l’étude est importante dans le contexte actuel du changement climatique. En effet, Frank Hagedorn indique que « si les sols forestiers deviennent trop secs, l’abondance de la faune du sol et son activité sont réduites, et les forêts peuvent absorber moins de carbone à long terme », impactant ainsi un puits de carbone naturel important pour l’avenir. La faune du sol devra à l’avenir être mieux prise en compte dans les études et décisions liés à la forêt et aux changements climatiques tant leur existence est essentielle au bon fonctionnement durable des écosystèmes.

Shinrin Yoku – la forêt vous soigne

Vous aimez la phytothérapie, vous allez aimer la sylvothérapie.

Cet article reprend les résultats d’études réalisées au Japon sur le  » Shinrin-Yoku « , littéralement  » un bain de forêt « .

Cette pratique traditionnelle consiste à s’immerger dans la nature et à faire travailler ses sens au contact de la forêt. En forêt, les arbres libèrent des molécules volatiles, les phytoncides, comme l’alpha-pinène, qui pourraient avoir un effet antistress.

Le sol forestier vit

L’ Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL publie une notice captivante sur le sol forestier. Les sols forestiers sont vieux de plusieurs millénaires, mettant parfois près de 100 ans pour former une épaisseur de 1 cm. Aucun apport d’engrais ne les a enrichis et ils participent fortement à la biodiversité. Un sol vivant est primordiale pour la santé de nos forêts, car il permet un recyclage continu des matières organiques, ce qui en fait un exemple très concret du concept de développement durable.

Article bien illustré, en allemand

Revitalisation du pâturage boisé du Biolley comme mesure de compensation

En 2002, le bureau ETUFOR SA réalisait un dossier de défrichement pour les forces motrices d’Orsières (DranseEnergie SA). Afin de compenser ce défrichement, des mesures ciblées de revitalisation d’un pâturage boisé au Biolley ont été proposées. La réouverture de cet ancien pâturage en friche avait pour objectif sylvicole d’offrir un nouvel espace de gagnage pour la faune à l’extérieur de la forêt, afin de diminuer la pression du gibier dans les forêts protectrices. Ces interventions devaient également diminuer l’uniformisation du paysage, redonner des surfaces attractives pour l’agriculture et offrir de nouveaux espaces pour la biodiversité. Seule une exploitation agricole durable est à même de maintenir ce type de milieu très diversifié, les propriétaires et exploitants ont ainsi été dès le départ intégrés à cette démarche.

En 2005, 4 hectares de friches ont été réouvertes, ainsi que la remise en état d’un sentier. Cette première dans le cadre des mesures de compensation a partitipé à la mise sur pied du concept de projet régional de compensation, qui permet actuellement de regrouper différentes compensations à des défrichements au sein de projets plus grands, plus ambitieux et plus cohérents en faveur la nature.

Lien vers la fiche : Service des forêts et du paysage, Canton du Valais

Journée internationale de la forêt, 21 mars 2017


Selon la FAO, 40% de l’énergie renouvelable consommée dans le monde provient du bois. Il provient du bois exploité pour son énergie propre, de la biomasse valorisée en marge de l’exploitation forestière (branches, cimes, arbres de mauvaise qualité, …), des déchets provenant de la transformation du bois (sciure, écorces, …), de l’entretien de boisements (jardinage, paysagisme, …) ou encore de produits en fin de vie qui nécessitent une combustion appropriée en raison des polluants (meubles, démolition de maisons, …).

Panorama des pâturages boisés de Mont-Chemin, Col du Lein – Blisiers

Le bureau ETUFOR SA a été mandaté par la commune de Vollèges pour étudier les possibilités de mettre en réverve forestière le pâturage boisé de Mont-Chemin. Il s’agit principalement de conserver et soutenir une exploitation mixte entre la sylviculture et l’agriculture.

Ce type d’exploitation traditionnelle a une haute valeur culturelle, une biodiversité très riche et offre un cadre exceptionnel pour la détente dans un panorama qui évolue sans cesse au fil des saisons.

Vous pouvez accéder à un panorama 360° ici.

L’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL en Valais

La mise en place du site d’expérimentation de la dynamique des avalanches de la Vallée de la Sionne, par l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF) en 1996, marque le début d’une collaboration très étroite entre le l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et le Canton du Valais. Les 20 ans de recherche dans ce domaine en Valais font de ce site le hot spot mondial de la recherche et contribue à la réduction des risques liés aux dangers naturels.

Communiqué du SLF

Sur Canal 9

Le Nouvelliste

Journée internationale de la forêt, 21 mars 2016


Chaque Suisse consomme 300 litres d’eau potable par jour. La forêt joue un rôle majeur pour la qualité de l’eau consommée, car son écosystème protégé de tout engrais ou pesticide filtre naturellement l’eau de pluie, raltenti son écoulement et la stocke dans son sol.

Henniez l’avait déjà compris en 1905 (article La Forêt).

La modification de la loi forestière est pratiquement sous toit

La modification de la loi forestière est prête et devrait être votée le 18 mars.

Une dernière divergence de fond portait sur l’inscription dans la loi de l’obligation de disposer d’une formation pour exécuter du travail rémunéré en forêt. Cette position plutôt protectionniste était étonnamment soutenue par le Conseil fédéral et le Conseil des Etats, mais rejetée par le Conseil national. Celle-ci vient d’être abandonnée sous cette forme, une obligation de suivre un cours de sensibilisation sur la sécurité au travail la remplaçant.

La société spécialisée forêt de la SIA (SSF/FVW) était l’une des rares associations consultées à avoir soulevé ce point particulier (position de la SSF). La version finale du texte de la loi lui aura donné raison.

La Confédération devrait également soutenir plus fortement la desserte forestière et l’utilisation du bois. Ceci s’inscrit dans une politique d’un soutient à l’exploitation durable des ressources forestières.

Mise à jour : éditorial de Bruno Röösli, Chef de la section conservation des forêts et politique forestière.

Un arolle bat des records

A 2’765 m au-dessus de Zermatt, Urs-Beat Brändli avait découvert ce qui devait être l’arbre le plus haut de Suisse, un arolle qui ne mesurait que 11 cm. A 2’745 m, plusieurs exemplaire plus gros avaient également été découverts, le plus grand d’une hauteur de 2 m pour un diamètre du tronc de 6 cm.

Depuis, ce record a été battu à plusieurs reprises, dont un arolle à 2’805 m au Clocher d’Arpette à Champex, Orsières (Jean-Paul Theurillat). Avec un minuscule bouleau à 2’860 m à Poschiavo (Sonja Wipf) et un mélèze à 2’971 m à Ausserberg (Egon Feller), le podium est actuellement composé de 3 essences différentes. Une liste actualisée est actuellement gérée par l’inventaire forestier suisse.

Rapport forestier 2015

Rapport forestier 2015Après une première publication en 2005, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) publie son nouveau rapport de référence dix ans après, avec le concours de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). L’évolution de la situation est analysée à l’aide d’indicateurs standardisés au niveau européen.

Si la forêt semble paraître un milieu naturel immuable, à l’image d’un patriarche plein de sagesse et de bon sens, sa dynamique à l’échelle des générations laisse entrevoir des transformations importantes, ainsi qu’une adaptation constante aux changements sociétaux et environnementaux. En périphérie, la déprise agricole laisse place à des friches où la forêt progresse, alors qu’à proximité des agglomérations la forêt est soumises à des exigences souvent contradictoires.

Très fouillé, le rapport conclut que l’état de la forêt est actuellement bon, mais que les défis futurs laissent entrevoir une situation qui pourrait changer rapidement.

Le bostryche en Entremont

La région de Martigny et de l’Entremont est particulièrement touchée par les dégâts du bostryche depuis 2012, lorsque la tempête Andrea a affaiblit de nombreuses forêts, principalement des pessières. Le canton du Valais cible ses interventions dans les forêts protectrices, car ces travaux nécessitent d’engager des moyens importants. En effet, la seule mesure efficace est l’abattage des arbres infestés et leur écorçage pour empêcher le développement des larves.

Service des forêts et du paysage

Nouvelliste

La forêt valaisanne te protège

foret valais 2016

La forêt valaisanne te protège et offre bien des services.

Le bois, bien sûr, comme ressource et places de travail locales, la protection contre les dangers naturels, un espace de détente et de loisirs, un milieu naturel diversifié et habitat de la faune : telles peuvent être résumées en quelques mots les prestations de nos forêts.

Forêt-valais, l’association des propriétaires forestiers valaisans du Valais, fêtera en 2016 ses 20 ans et en profite pour lancer une campagne de promotion des forêts valaisannes et de ses ressources.

La forêt et le bois en Suisse

cabanemtrose
L’OFEV publie le nouveau fascicule sur la forêt et le bois en Suisse. Innovant, durable et vivant, tels pourraient être les qualificatifs de l’exploitation du bois suisse.

Vivian (1990) et Lothar (1999), le Valais aussi concerné

Les deux derniers ouragans Vivian et Lothar ont profondément marqué les esprits des forestiers. Financièrement, des investissements importants en soins aux forêts sont anéantis en quelques heures. Des forêts soignées et offrant des espaces de détente deviennent impraticables et dangereuses. Des forêts protectrices offrent de grandes surfaces ouvertes ne retenant ni le manteau neigeux, ni les chutes de pierres.

Après 25 ans, respectivement 16 ans, l’Institut fédéral de recherches (WSL) publie divers articles sur le sujets. Si à basse altitude le rajeunissement est suffisant, en haute altitude il demeure encore insuffisant pour assurer l’efficacité des forêts protectrices. Les bois imbriqués laissés sur place ont joué un rôle favorable les premières années, mais ceux-ci se sont tassés et leur effet a diminué ensuite. A contrario, l’évacuation des bois a eu une influence positive sur la densité du rajeunissement.

Pour le Valais, Roland Métral, ingénieur gestion des forêts du Bas-Valais, fait l’historique des 50 dernières années dans le Bas-Valais dans un essai. Il note une particularité valaisanne : le rôle important joué par le mélèze et le sorbier des oiseleurs pour la régénération des forêts. Le problème des dégâts du gibier, qui réduit la diversité des jeunes pousses, est mis en évidence. Et de conclure qu’avec les changements climatiques annoncés, l’importance du mélange d’essences en station va encore s’accentuer.

Voir également La Forêt 2004-11 « Le rajeunissement des forêts après la tempête Vivian« , R. Métral, T. Darbellay